VIDEO EXCLUSIVE – Costa-Gavras, comment on devient Ours d’or

février 19, 2008

Comment consacre-t-on un Ours d’or parmi 21 films en compétition ? Vendredi matin, quelques heures avant le choix final et la remise des prix, Costa-Gavras est revenu sur son rôle de président du jury du 58e festival international de cinéma de Berlin. Lundi 18 février pour Le Petit Journal de Berlin.

Interview exclusive avec Costa-Gavras

Publicités

PALMARES – « Troupe d’élite » triomphe à Berlin

février 19, 2008

Le jury du 58e festival international de cinéma de Berlin a rendu son verdict samedi soir et surpris une fois de plus la critique. Troupe d’élite (Tropa de Elite), un film brésilien politiquement engagé, remporte l’Ours d’or, même si les favoris du public ne rentrent pas les mains vides. Tout le palmarès

Dans un jury à la configuration rétrécie, la voix de son président Costa-Gavras a sûrement pesé lourd au moment des délibérations.
Le palmarès de la 58e édition de la Berlinale (Le Monde: « un palmarès controversé ») fait en effet une place d’honneur aux films engagés, domaine dans lequel le cinéaste franco-grec est passé maître. Ainsi, c’est le film brésilien Tropa de Elite de Jose Padilha qui a remporté l’Ours d’or. Ce film suit le quotidien d’une unité spéciale de la police à Rio de Janeiro dans la lutte contre le trafic de drogue. Décrivant de façon très violente les méthodes de cette unité, ce film avait déjà défrayé la chronique lors de sa sortie au Brésil.
Autre oeuvre à teneur politique, Standard Operating Procedure de l’américain Erol Morris, seul documentaire en compétition, critiquant les méthodes des soldats américains dans l’ex-prison d’Abu Grahib, a remporté le Grand Prix du Jury.
Paul Thomas Anderson, déjà primé en 2000 pour Magnolia et placé parmi les favoris, ne repart pas les mains vides puisque son film There will be blood, déjà huit fois nominés aux Oscars, repart avec deux Ours d’argent, celui du meilleur réalisateur et de la meilleure musique. Les Ours d’argent pour les meilleurs rôles féminins et masculins sont revenus respectivement à l’Américaine Sally Hawkins pour son rôle dans Happy-go-Lucky de Mike Leigh et à l’Iranien Reza Najie dans le film Avaze Gonjeshk-ha (Song of Sparrows) du réalisateur Majid Majidi.
A noter enfin que le jury franco-allemand du prix « Dialogue en perspective » a récompensé Drifter du jeune réalisateur allemand Sébastian Heidinger.
Sébastien VANNIER, lundi 18 février 2008 pour Le Petit Journal de Berlin. Cliquer ici pour lire le résumé du palmarès.


BERLINALE 2008 – Le prix des jeunes franco-allemands

février 19, 2008

Trois Allemands, quatre Français. Sept passionnés de cinéma, qui composent le jury du prix « Dialogue en Perspective » qui sera remis dans quelques jours à un jeune réalisateur allemand. Ils racontent leurs dix jours de rêve à la Berlinale

Les jeunes passionnés avec Jean-Pierre Darroussin (Photo. S. V.)
Un peu plus d’1h30 du matin dans les locaux de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ). Markus, Hélène, Mehdi et les autres ont déjà une très longue journée derrière eux. Après avoir discuté avec Robert Guédiguian et Jean-Pierre Darroussin, et à peine fatigués, ils reviennent sur leur rôle de juré.

« On est des fous… de cinéma »
Un début de journée à la Berlinale quand on est jeune juré ressemble en réalité à celle de nombreux Berlinois : « La première chose à faire, c’est d’aller chercher des tickets pour le jour d’après », racontent-ils. Ensuite un ou deux films et la séance incontournable de 18h45 de la section Perspektive Deutsches Kino. « On voit beaucoup de films mais on sait qu’il faut qu’on soit en forme pour ceux de notre section ». Après le visionnage vient l’heure de la délibération, « dans une salle, genre Docteur Folamour », précise Julian, « plutôt Pentagone », selon Suzanne. Après une petite heure d’échange sur le film avec Peter Sehr, cinéaste et président de ce jeune jury, c’est reparti pour un autre film ou pour une des nombreuses fêtes proposées pendant la Berlinale. Même pas fatigués. « On est des fous », explique Hélène, « des fous de cinéma », précise Ariane.

Feeling et regard technique
Quand il s’agit de cinéma, les sept jeunes jurés ont la tête bien sur les épaules. « Pour moi, le cinéma, c’est la possibilité de retrouver mes émotions », explique Marie. Ariane, elle, adore « toutes ces petites choses que l’on ressent dans une salle cinéma, les lumière qui s’éteignent, les bandes-annonces ». Pour évaluer les films, tout le monde a sa manière. Etudiant en cinéma, Julian explique : « C’est un mélange de feeling et de regard un plus technique. Il y a évidemment des critères de base, comme l’originalité, l’histoire ». Pour tous, le travail entre Français et Allemands ne pose aucun problème : « Il n’y a pas de différence d’appréciation selon la nationalité », selon Marie. « Quand un film est bon, il est bon pour les Français comme pour les Allemands », précise Suzanne.

Un privilège mais une responsabilité aussi
Dans quelques jours, ils devront donc choisir quel réalisateur se verra remettre le prix « Dialogue en perspective », initiative de l’OFAJ et TV5 monde. « On a rencontré plusieurs réalisateurs, notamment ceux des années précédentes, qui nous ont témoigné de l’importance de ce prix », racontent-ils. « Le moment que j’ai en tête, raconte Julian, c’est l’espèce de procession que l’on fait entre la sortie du cinéma et l’entrée dans la salle de délibération. On ne parle pas, on essaye de rester concentré mais on échange des petits gestes. C’est un peu devenu notre rite ».
Sébastien VANNIER, vendredi 15 février 2008, pour Le Petit Journal de Berlin. Cliquer ici pour voir la source.


BERLINALE 2008 – Cheap Gossip Studio : les artistes underground au festival

février 19, 2008

Ragots, bruits de couloirs, rumeurs alternatives, vous êtes cordialement invités à vous exprimer au « Gossip Studio ». L’expérience originale et conviviale est née de l’esprit de sept artistes et performers berlinois non conventionnels, qui s’invitent à la 58e édition de la Berlinale

Isabella Rosselini, actrice de « Green Porno« , un des films présentés au Gossip studio (Photo. promo)

Depuis quelques jours, le Foyer du cinéma l’Arsenal s’est métamorphosé en « Cheap Gossip Studio ». A quelques pas du tapis rouge et du Palais du festival, les rumeurs sur le petit monde du cinéma vont bon train, dans le studio qui leur est consacré, au sous-sol de Potsdamer Platz, coin underground de la grand-messe du cinéma qu’est la Berlinale. Au centre de l’installation, un bar en forme circulaire. La proximité et la décontraction sont les éléments essentiels de l’expérience. Les artistes du collectif « Cheap » -John Blue, Tim Blue, Vaginal Davis, Daniel Hendrickson, Suzanne Sachsse,Marc Siegel- qui assurent eux-mêmes le service, conversent avec les personnes venues boire un verre, voir un film, ou juste du monde.
Le but de l’installation est de créer une atmosphère propice à la discussion et à la propagation de rumeurs. Le « gossip » (ragots) fait en effet partie de la vie de la Berlinale, comme de tout festival de cinéma d’ampleur. Au dessus d’une caisse est présentée la vidéo Die Uhr/The Clock, réalisée par Mark Formanek & Datenstrudel, où l’horloge est animée par des hommes qui reproduisent manuellement le temps qui s’écoule. Dans un coin, une curieuse vitrine présente une grosse mouche en plâtre. Dans son ventre ouvert, une petite télévision passe un film où Isabella Rossellini, elle-même déguisée en mouche, mime les modes de reproduction de ces insectes du quotidien transformées en stars du porno. Le « green-porno », une vidéo décalée sur le sexe au cinéma.

Cérémonie underground
La nouveauté cette année est le lancement de la cérémonie des « Cheapy Awards ». Le collectif d’artistes « Cheap » décerne pour la première fois des récompenses lors de trois cérémonies dont la dernière a lieu le demain. Ces prix leur permettent d’attirer l’attention sur l’œuvre d’artistes qui jouent un rôle majeur dans la scène underground. Marc Siegel, également professeur d’université, spécialiste de l’histoire du cinéma underground et queer, explique : « Le collectif se partage entre la mise en scène, la vidéo et les performances. En général, nous essayons de défier les normes des genres sexuels, mais également les normes raciales, par exemple dans notre travail avec Vaginal Davis [dragqueen et performer noir]. Pourtant, précise-t-il, je ne nous considère pas comme un groupe de pression politique austère. Pour nous il s’agit de propager une politique de la joie. Une autre partie de notre travail est d’attirer l’attention sur certaines figures politiques et culturelles comme Jack Smith, Pierre Clementi, Louise Fisher qui n’ont peut-être pas eu l’attention qu’ils méritaient. »
Leila WEBER, jeudi 14 février 2008 pour Le Petit Journal de Berlin. Cliquer ici pour voir la source

Cheap Gossip Studio. Atrium Kino Arsenal. Potsdamer Platz. Berlin Mitte. Tous les jours, 12h-24h


BERLINALE 2008 – 10 jours de glamour au programme

février 18, 2008

La 58e Berlinale s’ouvre aujourd’hui avec la venue des Rolling Stones dans la capitale allemande. Une édition qui fera part belle à la musique, aux films documentaires et où les Français seront présents, dans le jury et en compétition

Berlin s’habille aux couleurs du festival (Photo. S. V.)

Des stars, des centaines de film, de la musique, des documentaires, la Berlinale s’apprête à faire passer des nuits blanches à la capitale allemande du 7 au 17 février. Au milieu de tout cela, trois films français en compétition et un jury à tendance francophile.
Musique et documentaires
Les Rolling Stones auront le privilège de fouler les premiers le tapis rouge du palais du festival pour la présentation du documentaire qui leur est consacré Shine a Light du réalisateur Martin Scorsese. Ce film est le symbole des deux grandes tendances de cette édition : musique et films documentaires.
Lors de la présentation des films en compétition en effet, le président du festival, Dieter Kosslick, n’a pas manqué de faire remarquer la présence inhabituelle d’un documentaire, en l’occurrence Standard Operating Procedure de l’américain Erol Morris. L’aspect musical de la 58e Berlinale sera, lui, mis de nouveau en exergue avec la venue à Berlin d’une autre star de la chanson, Madonna. C’est donc une véritable ribambelle de vedettes, de Scarlett Johansson à Nathalie Portman, en passant par l’idole de Bollywood Shah Ruhk Khan, et peut-être Julia Roberts, qui défileront à Berlin.

Trois chances françaises
Parmi les 21 films en compétition, trois réalisateurs français vont concourir pour l’Ours d’Or. Ainsi, Robert Guédiguian (Marius et Jeanette, Le Promeneur du Champ-de-Mars) retrouve ses acteurs favoris Ariane Ascaride, Gérard Meylan et Jean-Pierre Darroussin pour présenter son dernier opus Lady Jane.
Quant à Erick Zonca, dont La Vie rêvée des Anges avait remporté un véritable succès couronné par un César du meilleur film, il sera à Berlin pour Julia avec Tilda Swinton. Enfin, la dernière chance française viendra de l’écrivain Philippe Claudel qui, après avoir été auteur et scénariste de Les âmes grises, réalise Il y a longtemps que je t’aime… où il réunit Kristin Scott-Thomas et Elsa Zylberstein. Tous trois auront fort à faire pour tenter de succéder à Le Mariage de Tuya du cinéaste chinois Wang Quan an.

Un jury francophile
Mais pour ces trois réalisateurs, la composition du jury paraîtra peut-être de bon augure. Celle-ci avait déjà bien commencé avec la nomination du réalisateur franco-grec Costa-Gavras en tant que président du jury. Dieter Kosslick a salué en lui, « un réalisateur de films engagés et ambitieux. Rien que de dire qu’il est le président de la Cinémathèque française impose le respect ». Costa-Gavras pourra sans problème s’entretenir en français avec l’actrice allemande Diane Kruger, qui a fait ses classes au cours Florent et a été mariée à l’acteur français Guillaume Canet.
L’actrice française Sandrine Bonnaire, qui viendra également à Berlin pour présenter son documentaire Elle s’appelle Sabine, aurait cependant renoncé à participer au jury à la dernière minute, selon nos informations.
Sébastien VANNIER, jeudi 7 février 2008 pour Le Petit Journal de Berlin. Cliquer ici pour voir la source.

Lire aussi : Les Stones et Scorsese donnent un frisson rock à la Berlinale (Le Monde)
Les Stones enflamment la 58e Berlinale (France 3 )


BERLINALE 2008 – Costa-Gavras, Monsieur le Président

février 4, 2008

La 58e édition de la Berlinale s’ouvre le 7 février et c’est le réalisateur franco-grec Costa-Gavras qui aura l’honneur de présider le jury du festival. Portrait de ce cinéaste engagé dont la dernière apparition à Berlin, avec Amen, avait fait débat

Costa-Gavras, de son vrai nom Konstantinos Gavras, est déjà un habitué du festival du film de Berlin. Il y avait gagné l’Ours d’or en 1989 pour Music Box et son film Amen y avait fait sensation il y a six ans. Mais la carrière du réalisateur a compté bien d’autres succès.

Un Z qui veut dire succès
Né en Grèce en 1933 (il fêtera son anniversaire pendant la Berlinale, le 13 février), Costa-Gavras fait son apprentissage cinématographique en France où il arrive en 1951. Il est notamment l’assistant d’Henri Verneuil (Un singe en hiver) et se lie d’amitié avec Simone Signoret et Yves Montand. Il lance sa carrière avec Compartiments tueurs en 1965 et deux ans plus tard, il se penche une première fois sur l’occupation nazie en France pour Un homme de trop. C’est Z, réalisé en 1969, qui va faire sa renommée. Réalisé et produit dans des conditions difficiles, ce film sur la dictature des colonels en Grèce, va connaître un succès international et Costa-Gavras remporte grâce à lui le prix du jury à Cannes ainsi que deux Oscars.

Un réalisateur engagé
Z annonce ainsi une série de films qui, dans la même veine, vont être très engagés politiquement. L’Aveu, où il traite des purges staliniennes en Tchécoslovaquie ou Etat de siège sur les ingérences de la CIA dans le Tiers-Monde en sont l’exemple. Le thriller politique Porté disparu (Missing) sur la disparition d’un jeune journaliste américain pendant le coup d’Etat d’Augusto Pinochet en 1973, apportera même à Costa-Gavras une Palme d’or ainsi qu’un nouvel Oscar. Huit ans plus tard, en 1990, c’est donc à Berlin que le cinéaste triomphe avec le film Music Box où il raconte une enquête sur les crimes de guerre d’un tortionnaire nazi.

La controverse Amen
Même thème, même lieu avec la présentation, pendant la Berlinale 2002, de Amen dénonçant l’attentisme de l’Eglise catholique devant les crimes nazis. Le sujet, hautement délicat, et l’affiche, où s’entremêlent le svastika (symbole réutilisé par les nazis pour la croix gammée) et la croix chrétienne, avaient provoqué le débat en Allemagne, mais aussi en France. Costa-Gavras, qui a montré son engagement pour le cinéma en acceptant récemment de reprendre le poste de président de la Cinémathèque française, arrive donc en terrain connu à Berlin. Dès sa mission de président du jury accomplie, il retournera derrière la caméra pour le tournage de Eden is West, pour lequel il fera son grand retour en Grèce.
Sébastien VANNIER. Source:http://www.lepetitjournal.com/berlin.html