BERLINALE 2008 – Le prix des jeunes franco-allemands

février 19, 2008

Trois Allemands, quatre Français. Sept passionnés de cinéma, qui composent le jury du prix « Dialogue en Perspective » qui sera remis dans quelques jours à un jeune réalisateur allemand. Ils racontent leurs dix jours de rêve à la Berlinale

Les jeunes passionnés avec Jean-Pierre Darroussin (Photo. S. V.)
Un peu plus d’1h30 du matin dans les locaux de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ). Markus, Hélène, Mehdi et les autres ont déjà une très longue journée derrière eux. Après avoir discuté avec Robert Guédiguian et Jean-Pierre Darroussin, et à peine fatigués, ils reviennent sur leur rôle de juré.

« On est des fous… de cinéma »
Un début de journée à la Berlinale quand on est jeune juré ressemble en réalité à celle de nombreux Berlinois : « La première chose à faire, c’est d’aller chercher des tickets pour le jour d’après », racontent-ils. Ensuite un ou deux films et la séance incontournable de 18h45 de la section Perspektive Deutsches Kino. « On voit beaucoup de films mais on sait qu’il faut qu’on soit en forme pour ceux de notre section ». Après le visionnage vient l’heure de la délibération, « dans une salle, genre Docteur Folamour », précise Julian, « plutôt Pentagone », selon Suzanne. Après une petite heure d’échange sur le film avec Peter Sehr, cinéaste et président de ce jeune jury, c’est reparti pour un autre film ou pour une des nombreuses fêtes proposées pendant la Berlinale. Même pas fatigués. « On est des fous », explique Hélène, « des fous de cinéma », précise Ariane.

Feeling et regard technique
Quand il s’agit de cinéma, les sept jeunes jurés ont la tête bien sur les épaules. « Pour moi, le cinéma, c’est la possibilité de retrouver mes émotions », explique Marie. Ariane, elle, adore « toutes ces petites choses que l’on ressent dans une salle cinéma, les lumière qui s’éteignent, les bandes-annonces ». Pour évaluer les films, tout le monde a sa manière. Etudiant en cinéma, Julian explique : « C’est un mélange de feeling et de regard un plus technique. Il y a évidemment des critères de base, comme l’originalité, l’histoire ». Pour tous, le travail entre Français et Allemands ne pose aucun problème : « Il n’y a pas de différence d’appréciation selon la nationalité », selon Marie. « Quand un film est bon, il est bon pour les Français comme pour les Allemands », précise Suzanne.

Un privilège mais une responsabilité aussi
Dans quelques jours, ils devront donc choisir quel réalisateur se verra remettre le prix « Dialogue en perspective », initiative de l’OFAJ et TV5 monde. « On a rencontré plusieurs réalisateurs, notamment ceux des années précédentes, qui nous ont témoigné de l’importance de ce prix », racontent-ils. « Le moment que j’ai en tête, raconte Julian, c’est l’espèce de procession que l’on fait entre la sortie du cinéma et l’entrée dans la salle de délibération. On ne parle pas, on essaye de rester concentré mais on échange des petits gestes. C’est un peu devenu notre rite ».
Sébastien VANNIER, vendredi 15 février 2008, pour Le Petit Journal de Berlin. Cliquer ici pour voir la source.